Madère, un jardin sur la mer

Plongeons dans un merveilleux souvenir

Madère un jardin sur la mer est l’album d’un voyage réalisé en 2008

Quand on fouille dans ses archives, on regarde les images autrement. Juste après un voyage, certaines images nous déçoivent car elles ne sont pas à la hauteur du souvenir de l’instant. Mais avec le temps le rapport de force change et les souvenir s’estompent. Alors les photos prennent une autre saveur et redécouvrir l’album est un immense plaisir.

Les photos prennent une autre saveur

J’ai donc pris le temps de compléter l’album avec de nombreuses photos qui étaient passées aux oubliettes !

Madère, un jardin sur la mer / Google Photos

Accéder à l’album complet : https://goo.gl/photos/hq15qLbeBA71MaEz5

Les cascAdes du HérissOn

Sous le dôme d’un chapiteau coloré, imaginez une boule de pics qui s’élance dans le vide, pendu à un trapèze.

La chute : cette boule lâche la barre de bois à un instant très précis de la trajectoire afin d’entamer une chute visant le coeur d’une cible.

La cible : l’animal fonce droit sur un trampoline en toile de titane sur lequel sont dessinés des cercles concentriques noirs et blancs. Au centre, un minuscule point rouge.

Le choc : soudain, le choc a lieu. Parfait. En un éclair, la bestiole passe du point rouge au sommet du cirque, planté dans les couleurs de la toile du toit du dôme du chapiteau… c’est la cascade du hérisson.

Si le coeur lui en dit, il peut recommencer. On parlera alors des Cascades du Hérisson, version imaginaire qui ravira les plus tête en l’air.

Pour ceux qui ont davantage les pieds sur Terre, les Cascades du Hérisson sont les chutes d’une rivière du massif du Jura français, qui s’étendent sur près de quatre kilomètres. Trente et un sauts dont les plus célèbres sont l’Eventail (65 m), le Grand Saut (60 m), le Gour Bleu, le Saut de la Forge et le Saut Girard (35 m). Une mini-aventure au coeur de la nature. Un nom poétique qui offre un spectacle exquis. Un véritable bonheur pour les yeux.

Cascades du HérissOn 01 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 02 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 03 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 04 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 05 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 06 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 07 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 08 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 09 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 10 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 11 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 12 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 13 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 14 - (c) 2009 OuiLeO.cOm Cascades du HérissOn 15 - (c) 2009 OuiLeO.cOm

Pour plus de renseignements pratiques, visitez le site officiel des Cascades du Hérisson

La rencOntre du metsi

Le monde est sourd. Les skis suivent sans broncher les traces d’un décors où tout étincelle sous un soleil éblouissant. Partout autour, un cocon de neige immaculée s’étend à perte de vue; c’est aveuglant. Mais il est parfois beau de ne rien voir! Cependant il est soir et avant le noir c’est l’heure de partir. Les jambes douloureuses des heurts des heures de glisse sautent de joie à l’idée de se laisser rouler. C’est dur, sus tant d’agitation, de monter dans une auto gelée. Ca donne soif. Mais patience ce n’est pas long d’autant qu’elles s’essoufflent à force de rage. La fontaine n’est pas loin, tout va bien.

Le calme revenu après cette brève mascarade de fin de parcours, je pars pour Jougne et sa fromagerie, le réconfort d’after l’effort; sous ma salive une morbiflette se profile et exige du bon lait cru moulé à la louche. Arrivé au royaume des effluves, parcours rapide des étagères des yeux, à moins que ce ne soit l’inverse. Charcuteries, saucissons, miels, vins jaunes… halte! On a parlé de fromagerie! Du fromage de bleu! Je n’en veux pas tout un plat! 

Mais finalement, pas de panique. Un signe de la dame en blanc devant le fromage que je lui fais. Direction du bout du doigt suivi du bout du regard, et un quart d’oeil plus tard sur la droite… du comté jeune! vieux! bleu de Gex! Mont d’Or! Crèmes fraîches! MORBIER! Les gens passent et moi je reste, ébahi.

Soudain, au milieu de cette caverne aux trésors, c’est la rencontre du Metsi! Je suis aux anges… 

Le paradOxe des Grands Chemins

Je me souviens des Grands Chemins que la nature y est dominante. Je me rappelle que Jean Giono y parle d’un artiste, d’une auberge et dans l’auberge, il y a une aubergiste et un poêle. Il me reste également une image, assez dépouillée certes, mais qui persiste assez précisément dans ma mémoire. Ce tableau cérébral est parcouru par un long chemin de terre bordé de hauts peupliers. Un personnage, certainement le héros du livre, se tient au centre de la scène,  droit comme un i et vêtu d’une longue toge marron. Il porte un baluchon de taille moyenne et me tourne le dos. Il s’éloigne vers l’infini.

Drôle d’introduction. Me voici l’obligation d’avouer qu’il ne me reste plus grand-chose de ce roman que j’ai lu il y a plus de dix ans… à peine quelques vagues souvenirs. Mais alors pourquoi ne supprimé-je tout simplement pas cet embarrassant préambule qui m’oblige à dévoiler la face emmental de ma matière grise ? La réponse se trouve certainement dans la suite du texte. Je ne parlerais pas sans raison d’une histoire dont le souvenir revient sans cesse dès qu’en randonnée je me sens seul au milieu de nulle part, d’une histoire qui refait surface dès que la nature et le monde qui l’abrite laissent paraître sans retenue leur infinie beauté ! Les grands espaces, les sommets recouverts de neige, les chemins traversant des prés de graminées… tout me ramène aux rêves de liberté, d’errance et de vagabondage que m’inspirait l’œuvre. 

Si j’en crois les mots qui précèdent, je tiens désormais la réponse à la question et je suis maintenant en mesure de conclure les prolégomènes nécessaires pour la suite. Mais avant d’aller trop loin, j’ouvre une petite parenthèse… car je tiens à annoncer que randonner n’apporte pas uniquement des pensées positives. Ce serait trop simple. Parallèlement aux bienfaits que m’apportent mes excursions, la communion avec la nature me fait glisser inévitablement vers les abîmes de ma pensée. J’en viens régulièrement à détester l’Homo Modernicus. 

Prenons un petit enchaînement logique pour illustration de ces dérives mentales : imaginez qu’après trois heures de marche vous vous trouviez en haut du Mont-Tendre, unique sommet du Jura duquel vous pouvez observer le Lac Léman sur toute sa longueur, de la vallée du Rhône à votre gauche, c’est-à-dire à l’Est, au Jet d’Eau de Genève à l’Ouest, votre droite. Vous pouvez également observer, en face de vous, le Mont-Blanc au-delà des premiers pics des Alpes… et pour peu que ce soit le soir, le soleil rasant vous transforme le roi des Alpes en un magnifique Mont-Rose qui domine le paysage. Vous vous sentez bien, détendu, heureux, vidé.

Leman - (c) Julien DUMOUCHEL

Orage sur le Léman – ©2008 Julien DUMOUCHEL

Alors vous baissez les yeux et commencez à distinguer des mini-humains qui s’agitent comme des fourmis sur une gigantesque fourmilière. Des filets lumineux jaunes et rouges dessinent les routes comme les veines sur une peau blanche. Dans un premier temps vous trouvez l’ensemble magnifique. Puis des souvenirs vous reviennent sans que vous arriviez à les chasser et, sans trop savoir pourquoi, vous repensez aux désirs que le système nous injecte en intraoculaire par l’intermédiaire des médias (on frôle pléonasme). Evidemment, conditionnement bien calculé du subconscient oblige, vous prenez conscience que nous ne savons pas nous soustraire à ces désirs, qu’il nous faut acquérir l’argent nécessaire à leur satisfaction et que nous nous soumettons ainsi sans contester à des efforts quotidiens et soutenus. Vous comprenez que nous acceptons malgré nous d’être liés à des conditions de vie dont nous ne voulons souvent pas, que nous pactisons avec les banques et que, croulant sous les dettes, nous finissons par nous mentir en pensant que ce n’est pas si mal… pensée positive résultant de la satisfaction d’un désir qui se transforme en une sorte de décharge chimique au niveau du cerveau et provoque un soulagement appréciable qui permet à l’individu de jouir de quelques instants de répit. Vous vous sentez soudainement faible et vulnérable. Vous commencez à sentir que dans ces conditions de vie, les individus sont imperméables mais leur inconscient peut profiter d’un moment de faiblesse ou de détachement pour frapper. Vous avez à peine le temps de mesurer la portée de vos pensées que votre inconscient prend le contrôle de vos idées et du haut du Mont-Tendre vous êtes atteint d’un vertige d’un genre inhabituel. Doux rêveur, vous vous mettez à imaginer un monde dans lequel nous travaillerions uniquement par passion et habiter en montagne ne serait pas une contrainte. D’ailleurs vous voudriez reste ici indéfiniment ou vous aimeriez trouver en descendant une société dans laquelle l’argent ne serait pas indispensable et notre voisin partagerait généreusement son pain si vous veniez à en manquer. Oui, doux rêveur… Mais il vous faut descendre maintenant et retrouver la civilisation telle qu’elle est. Une haine plus ou moins modérée s’empare de vous.

Vous décidez tout de même de vous calmer avant de redescendre. Tout rentre finalement dans l’ordre et au final, vous avez passé un merveilleux moment loin des hommes, proche de vous.

Je me suis un tantinet égaré et ferme la parenthèse. 

Que voulais-je écrire au juste lorsque j’ai décidé de commencer à parler des Grands Chemins ? Je crois que je souhaitais mettre des mots sur des impressions fortes, les désirs irréprimables qui m’envahissent à chaque fois que je découvre un coin de montagne avec l’illusion d’être un aventurier. Dire à quel point, devant la beauté des paysages, je suis saisi par l’envie de partager, de prendre des milliers de photographies et les diffuser à tous ceux avec qui j’aimerais vivre ces instants de découverte. En fait, il me semble que je voulais simplement exprimer mon irrésistible et récurrente envie de montrer à tous ceux qui restent enfermés dans les villes l’infinie diversité du monde qui nous entoure et de leur hurler de venir rêver, profiter et prendre conscience des merveilles que notre comportement détruit à petit feu.

Mais finalement, la présence de plus de monde sur ces chemins de randonnée ne serait-il pas pire encore pour la nature ? Quel est le comportement à adopter, le bon comportement ? Que se passerait-il si une dizaine de milliards d’individus se mettaient à arpenter les sentiers de montagne ? Les paysages subiraient-ils le même sort que la Côte d’Usure ? Là, je crois que je m’égare à nouveau. 

Finalement, tout ce que je peux dire, c’est que je suis sujet à un double « je », car mon envie de partager affiche clairement ses limites. Je sais que je détesterais trouver davantage de monde sur mes Grands Chemins ! Alors merci de vous contenter de les lire ! Jean Giono vous en remerciera également…