Abbatiale de Romainmôtier

Je trouvais le nom de ce lieu poétique. Je n’en connaissais rien à part un dessin blanc sur fond marron disposé au bord de certaines routes du canton. Et plus le temps passait, plus l’envie de m’y rendre me démangeait.

Le jour où nous y sommes enfin allés, la pluie était au rendez-vous. Il faisait froid et pourtant… l’abbatiale est d’un charme que rien ne peut effacer.

Constructions de pierres brutes au milieu d’une végétation dense, l’histoire du lieu subjugue et captive. Les murs des constructions sont plein de vie et l’édifice rayonnait une chaleur qui compensait largement la fraîcheur ambiante.

Romainmotier - l'hOrlOge bleue - (c) 2009 OuiLeO.cOm Romainmotier - envOûtant - (c) 2009 OuiLeO.cOm Romainmotier - Format paysAge - (c) 2009 OuiLeO.cOm Romainmotier - Format pOrtrait - (c) 2009 OuiLeO.cOm Romainmotier - Toits - (c) 2009 OuiLeO.cOm Romainmotier - D'Ailleurs - (c) 2009 OuiLeO.cOm

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce site somptueux, vous pouvez vous rendre sur l’article WikiPedia correspondant.

Tiki

pOrtrait de Tiki - (c) 2008 Nicolas QUENTIN OuiLeO.cOm

pOrtrait de Tiki
Encre sur Daphné – 9x13cm
Avril 2008

Tiki signifie aussi bien Homme que Dieu ou Homme-Dieu. Un tiki est une représentation humaine sculptée de façon stylisée et assez grossière que l’on peut trouver en statue ou en pendentif. En Océanie, les tikis symbolisent Tiki, l’ancêtre mi-humain mi-dieu qui fut le premier homme. C’est ce personnage mythique qui engendra les humains (voir l’article sur Wikipedia).

Si mon Tiki ressemble plus à un chat qu’à un homme, c’est tout simplement parce que chez moi, Tiki est un chat. Mon premier chat. Tout un symbole. Mon porte bonheur. Mon confident. Mon réveil matin…

Vestiges des Temps d’Art

Lorsque j’étais étudiant, le Hall du Livre était mon antre, mon repère, pour ne pas dire mon QG. Un cocon de rêve, rempli d’étagères formant un labyrinthe où se côtoyaient sans concurrence disques et livres à foison. Un labyrinthe infini dans lequel je me précipitais pour disparaître de tout mon être et passer des heures hors du monde à la recherche des richesses de ce dernier. Tout semblait ici figé à jamais.

De retour à Nancy pour un week end, je m’y promenais sans but précis lorsqu’au détour de rues que je ne reconnaissais plus, je me suis retrouvé face au Hall du Livre. Des souvenirs sont tombés violemment et je me suis baissé pour les ramasser sur le trottoir, les apprécier puis les caler au fond des poches ; ainsi armé, j’ai poussé la porte vitrée et suis entré.

Je fus émerveillé de voir que rien en apparence n’avait changé. La presse toujours exposée à l’entrée. Quelques mètres plus tard je vis à droite les livres de voyage posés sur leurs étals. A gauche l’accès aux BD et romans, et en face l’escalier qui mène aux étages, réserve colossale d’ouvrages techniques, philosophiques et scientifiques.

Jusqu’ici, j’étais aux anges. Mais une ombre est venue noircir le tableau dès que l’envie me pris de descendre les quelques marches qui menaient à l’espace musique. Tel un cancer progressant sans scrupule, des centaines de DVD prennent désormais la place des lingots de ma mine. Ma mine s’en est d’ailleurs décomposée. Où est mon trésor ?

Réduit à néant. Disparu à jamais. Plus que quelques dizaines d’albums FM perdus dans un coin, cachés. Il semblerait que la disparition du disque pointe le bout de son nez et que le mp3 agisse sur lui comme le réchauffement sur les glaces polaires. Une réalité qui m’a frappé avec une telle violence que je n’en suis pas encore totalement remis. Certains disent que c’est le concept même d’album qui est en péril. Pourrait-il en être autrement dans un monde ou l’on consomme une chanson comme une cigarette ?

Je crains que non. Cette issue est inéluctable. Cependant je reste convaincu que la perte est grande. Un album est une œuvre en soi, une palette de couleurs musicales complémentaires et de rythmes accordés. Un disque constitue le témoignage d’une période, un morceau de la vie des musiciens. Acheter une chanson hors du contexte de l’album dont elle provient revient à acheter un tableau avec des tâches couleur peau et prétendre être en possession des Demoiselles d’Avignon. Je pense que Picasso n’aurait pas apprécié que l’on vende ses tableaux par couleur ou découpé autour des objets représentés. Il en aurait peut-être même arrêté de peindre.

C’est donc presque me mordant l’âme que j’ai quitté la mort dans l’âme le théâtre de mes rêves passés. Oh ! Hall du Livre que tu portes maintenant bien ton nom. Tu es désormais amputé de ta moitié et ton sol pavé de galets tel un symbole de liberté sonne atrocement faux. Je lance un appel aux arts-mateurs, battons-nous pour que vive le disque ! Que le commerce d’art ne nuise plus à l’Art !

Le souvenir de cette visite ravive mon désarroi et j’ai subitement envie d’écouter de la musique. Je vais donc en rester là, mais c’est l’arme à l’œil que je m’en retourne écouter mes vestiges des temps d’art, l’étendard de mes idéaux…