Feb
2
2006
Le pianiste est en pleurs
Son amour est parti
Il se meurt
Son coeur est meurtri,
Meurtri de cet amour impossible
De cette solitude qui l’a conquit.
Rien ne peut le rendre désirable,
Il est parti dans l’oubli,
Personne ne sait,
Personne ne le connait plus
Tout le monde l’a abandonné
Alors il se met à jouer.
Ses doigts charnus
Glissent le long du clavier
Rien ne peut l’arrêter.
Il souffre cet amour impossible
Cet amour perdu à jamais.
Se joueur si misérable
Pleura
Il pleura le jour de leur rencontre.
Désormais c’en est trop,
Son coeur lâcha,
Mais lui ne s’arrêta pas,
Il continua,
Son corps le brûlait,
Il joua de toute son âme
Car seul elle lui restait.
Autour de lui tout s’enflamme
Tout se met à tourner,
Mais lui reste là et joue,
Il joue les larmes de son coeur
Ses mains sanglantes frappent les touches
Et d’un coup plus rien,
Plus un son,
Plus que des larmes,
Les larmes rouges du désespoir,
Les larmes rouges de l’espoir…
Le pianiste reste là,
Seul et immobile,
Personne ne le sait
Personne ne s’en préoccupe.
Le pianiste est mort
Et jusqu’à son dernier remords
Il joua.
Il joua les larmes de son coeur
Il joua ses pleurs
Il joua tout ce que personne ne comprendra
Il joua l’amour qu’il a pour toi
A jamais son coeur ne batterra
Romain QUENTIN
Heillecourt, 2006
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Feb
6
2002
L’obsédante noirceur
De la cage d’escalier
Sans raison lui fait peur
Ne pas reculer
Il doit faire ce dernier pas
Cette grande avancée
Ce premier pas d’un au-delà
C’est la clé
Fermer la porte à clé
Ne plus jamais se retourner
Se laisser bercer par la nuit
Et la pluie
Oui dehors il pleut
Coule sa peur
Sur sa peau et de ses yeux
Oui il pleure
Ecrasante solitude
Qu’induit l’inquiétude
Mais la lune comme d’habitude
Berce de quiétude
Et l’esprit libre
Tileo avance
Il sent qu’il va vivre
De mythes et de danses
Nicolas QUENTIN
Orléans, Février 2002
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Dec
29
2001
C’est mon vingt deuxième tour de manège
Sur cette Terre où tout tourne tout le temps
Les heures, les jours, les semaines et les ans
Et les gens qui se jettent sautent dans la neige
La sèche bise tourbillonne sur l’étang
Fige l’épaisse glace qu’auparavant le vent
A lissé pour laisser les enfants glisser
Tourner et tourner sur la pointe des pieds
Entraînant leur parents dans cette douce folie
Au cœur d’un tourbillon où on oublie tout – tant pis
C’est mon vingt deuxième tour d’année sur cette Terre
Et à si petits pas d’avancer en solitaire
Le temps recouvrira ma tête d’un doux manteau blanc
Avant que l’on me tire sur cet étang
Nicolas QUENTIN
Heillecourt, 29 Décembre 2001
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