déc 17 2008

FlagrAnt délice

Goûter au supermarché
Faire semblant de ne pas aimer
Puis satisfait s’éloigner…


oct 23 2008

La Veille des vacAnces

Cette journée est d’une saveur particulière, et dès mon réveil pourtant matinal, je me suis senti d’une humeur joviale. Sans effort, je prends un recul qui me soulage et la distance qui désormais me sépare de mon quotidien me rend paradoxalement plus attentif à ce qui s’y passe.

Ainsi, il est intéressant de voir, dans le bus, les cadres d’ordinaire si intimidants, aujourd’hui accrochés à leur mobile et jouant nerveusement ici à Space Invaders, là au solitaire, jurant de ne pas avoir un instant libre au cours de la journée.

Il est également amusant d’observer les victimes des gratuits – ces quotidiens médiocres plus proches de la presse à scandal que du média d’information – scotchés autant de fois vingt minutes que de numéros à disposition et insensibles au fait de lire maintes fois les mêmes nouvelles.

Et cette course effreinée aux sièges libres, aux transports qui n’attendent pas, à celui qui aura le dernier croissant laissé seul au milieu du présentoir. L’entassement sous les abri-bus pour éviter la pluie et le vent d’automne. Le flot des âmes grises qui se déverse dans les usines. La mauvaise humeur des ouvriers qui s’échappe en volutes de fumée des hautes cheminées. Les arbres sombres du bord des routes jaloux de leurs frères de couleur perchés en face sur le flanc de la montagne…

Je me vois moi, au cœur de ce petit monde auquel chaque jour je contribue par nécessité, aujourd’hui présent tel l’étranger perdu en terre inconnue, un vagabon errant l’esprit libre, Korcia dans les oreilles et Zadig entre les mains.

Aujourd’hui, c’est la veille des vacances.


sept 19 2008

Musique technOlogique

J‘ai déjà évoqué par le passé l’imminente disparition du CD audio et l’impact que le phénomène de « consommation » musicale engendre sur le monde artistique. Ce que j’ai pu lire hier en survolant un article aperçu dans un quotidien gratuit, étalé à même le sol dans le train qui me conduisait au turbin, va encore plus loin : certaines entreprises développeraient des logiciels qui pourraient conforter le reigne du conformisme artistique, du conditionnement radio-musical et la non-créativité en général.

En effet, certaines applications seraient développées afin de permettre de changer l’instrumentation à chaque lecture d’une « œuvre » tout en gardant les mêmes lignes mélodiques. D’autres permettraient de composer des chansons à partir d’un air fredonné ou encore d’analyser trois chansons d’un groupe pour en composer une nouvelle dans le même style. Le tout bien évidemment basé sur des algorithmes et donc conduisant inévitablement à l’uniformisation des genres. C’est un phénomène que l’on observe déjà en automobile. Avez-vous déjà remarqué à quel point toutes les automobiles créées à une période donnée se ressemblent, quelle qu’en soit la marque ?

De quoi faire frémir les adeptes de musique, car de tels logiciels porteraient un coup assurément fatal à un art déjà bien fragilisé par ceux qui voient des dollars à la place des notes. Se serait un poignard supplémentaire dans le dos d’artistes – comme Mano Solo – qui se saignent déjà pour auto-produire des albums personnels, passionnés et … qui souvent dérangent. Les consommateurs de musique se complairont davantage dans le pré-formaté, par habitude, flemmardise, ignorance, confort et que sais-je encore. Lorsqu’on habitue un enfant au sucré, les aliments salés ou plus amers le dégoûtent. Or le salé et l’amer, en musique, c’est l’originalité, le cœur de l’art.

D’ailleurs si l’homme n’intervient plus dans les compositions, si ce n’est plus l’ordinateur qui assiste le Musicien mais le « m »usicien qui assiste l’ordinateur, pourra-t-on encore parler d’Art ? Je doute. Il va nous falloir vivre avec la fast-food musicale… le fast-audio ! Ce concept n’existe pas encore (quoi que) que déjà je m’insurge contre cette mal-écoute et milite pour la création d’un label Bio de l’Audio !

Enfin, relativisons. Ces logiciels ne sont encore pas là et je me plais à croire qu’ils n’existeront jamais. Je suis convaincu (en tout cas l’être m’arrange) que ma source est plus près de la presse à scandale que d’un journal d’information sérieux et fiable… il faut attirer le lectorat, et sur quoi se jettent les mouches en général ?

Ah ! Les journaux gratuits… encore un fléau qui se répend subtilement mais sûrement et de l’analyse duquel on peut tirer une mine d’informations sur le comportement de nos amis les humains… nos concitoyens. Il faudra que j’y revienne.