juil 11 2009

L’Esprit de la cAbane des sOmmets

Les 27 et 28 Juin 2009 sont nés deux tableaux incroyablement colorés qui retranscrivent à merveille L’Esprit de la Cabane des Sommets.

Merci à tous ceux* qui ont participé à cette aventure, un partage artistique à vingt-cinq le temps d’une soirée à la campagne, quelques heures à la montagne, une nuit à la Cabane… 

Le sommet de l’Art ! L’art des Sommets…

L'Esprit de la Cabane (1) - (c) OuiLeO.cOm L'Esprit de la Cabane (2) - (c) OuiLeO.cOm

* Mathieu, Romain, Nicolas Q, Camille, Nicolas M, Sophie, Loïc, Denis, Isabelle, Cécile, Hicham, Rosa, Fred, Mini Camille, Seb, Delphine, Marie-Claire, Tanguy, Hélène, Christian, Olivier, Thibault, Estelle, Julien, Christine (x1,5), Sylvain, Alex, Emelyne

PS : S’il manque quelqu’un dans la liste, merci de m’insulter dans les plus brefs délais…


jan 31 2009

Gueule de bOis

De la planche d’érable brute à l’objet découpé, sculpté et monté, on peut compter près de soixante heures d’amitié, plusieurs litres de café et quelques bons moments de galère. Un travail de deux mètres de haut qui aujourd’hui veille sur un jardin Lorrain dans lequel un saule pleure doucement les feuilles que le vent balaye.

Gueule de bOis - (c) OuiLeO.cOm

Gueule de bOis
Sculpture/Montage
Erable 200×30x3cm
Metz, Décembre 2008

La Gueule de bOis, c’est trois ans de projet, trente quatre mois de maturation, un mois et demi d’attente entre un dessin croqué en cinq minutes sur le coin d’une tablette de train et les deux semaines de réalisation.

Making-Of

MOF Gueule de bOis 02 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 03 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 04 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 05 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 06 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 07 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 08 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 09 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 10 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 11 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 12 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 13 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 14 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 15 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 16 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 17 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 18 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 19 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 20 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 21 - (c) OuiLeO.cOm MOF Gueule de bOis 22 - (c) OuiLeO.cOm

Un grand merci à LCC!


oct 20 2003

Les pOrtes du mOnde

Je me suis réveillé dans un drôle d’endroit. Très coloré. A gauche, un cube jaune, en haut un cercle rouge et en bas, un tore bleu. A droite, rien, le vide. Un chemin infini. Un chemin sans sol, sans plafond. Rien. En y regardant de plus près, j’ai repéré une petite fente dans le cube jaune alors j’y suis entré. C’était comme si je pénétrais dans une immense cathédrale. D’extérieur le cube avait une taille humaine. A peine ma tête passée, les dimensions se sont démultipliées et aujourd’hui je ne vois plus les frontières…

Une immense cathédrale. Vide au départ. Qui a grossi. Qui a rejoint l’infini. Qui s’est remplie. Progressivement jusqu’à ressembler à … c’est très étrange. Un monde différent. Un monde qui me semble familier. Un monde que je connais bien… Mais… Ca y est, je me souviens. Le plus simple, c’est que je reprenne les choses depuis le début.

J’habite une petite rue parisienne. Une de ces petites rues charmantes qu’on ne se lasse pas de parcourir, des murs couverts de lierres et des boiseries peintes de toutes les couleurs. Des odeurs de gâteaux et l’imaginaire fait le reste. Dans chaque maisonnette un monde simple, beau, un idéal, des gens heureux. Et chez moi. Des lumières tamisées, un pupitre, quelques toiles et un établi sur lequel sont rangées mes tubes de peintures. Ordonnées par teintes. Voilà déjà dix ans que je me suis installé ici. Je vis de peinture. Je survis. Je reproduis un monde intérieur, à la recherche du beau. De l’esthétique. Et chaque fois qu’une toile est finie, de drôles mais agréables sensations. Une forte attirance mais rien d’irrésistible. Un détail qui dérange. Ce n’est pas le bon endroit. Ce n’est pas là. Pas la bonne tentative. Il faut recommencer. C’est pour ça qu’un peintre peint des dizaines de toiles, qui se ressemblent, qui diffèrent peu ou beaucoup, qui n’ont rien à voir. Mais je ne l’ai compris que maintenant.

Cela faisait environ deux mois que je consacrais à cette toile. Formes et couleurs basiques et pourtant, la minutie me dévorait et je me suis laisser envahir. Des centaines d’heures pour un coup de pinceaux, des milliers de minutes à contempler un trait pour en saisir toute la portée. Des journées à anticiper le suivant pour trouver sa juste place, sa taille parfaite. Détail, précision, couleur et formes, rien. Non, je n’ai rien laissé échapper sans savoir pourquoi. Et je l’ai fini, je l’ai signé hier. Satisfait. Heureux. Comme soulagé. Alors, comme chaque soir, j’ai mangé. Puis je suis parti boire un amer chez le hongrois, un café à deux pas de là, et suis rentré ivre de bonheur et de bière pour me coucher. Et il était là, devant moi ou dans ma tête je sais plus très bien. Trois formes simples, une en bas, une en haut, une à gauche et rien à droite.

Je me suis réveillé dans ce drôle d’endroit. Très coloré. A gauche, un cube jaune, en haut un cercle rouge et en bas, un tore bleu. A droite, rien, le vide. Un chemin infini. Un chemin sans sol, sans plafond. Rien. En y regardant de plus près…

C’était comme si je pénétrais dans une immense cathédrale. Comme happé par un tourbillon. Atterrissage brutal dans une pièce vide. Comme une gigantesque cathédrale. En expansion. Je n’en vois plus les limites. Et un monde s’est construit. Du monde est venu me voir. Des gens. Beaucoup de gens. J’ai été applaudi de battements d’ailes. Je croyais rêver. Des gens étranges, très grands, chacun de couleur différente, et un langage plus proche d’un chant que de nos sons gutturaux. Ils m’ont emmené chez moi… oui, chez moi. C’est ce qu’ils m’ont dit. Je les comprends… Et j’ai regardé dans la glace. Moi, je suis violet teinté de taches vertes brillantes. Etrange. Mais j’ai compris. Compris ce que je cherchais, cette perfection, ce monde intérieur, cette quantité de toiles qui se ressemblent, diffèrent de peu ou beaucoup.

Nous, peintres, poètes, musiciens, sculpteurs, chanteurs, nous sommes sur Terre comme des enfants laissés sur des aires d’autoroutes. Par hasard. Et on cherche à partir. Mais pas de stop possible. Dans notre monde, les voies sont des passages sur des toiles, tout est dessiné, chanté, sculpté et nous glissons d’un endroit à l’autre en le réalisant, ce trajet, ce transport, selon notre goût, en dessinant, en sculptant, en chantant. Mais pour partir de la Terre, pour retourner sur notre planète, nous devons trouver le chemin hasardeux qui nous permettra de rentrer. Des dizaines de portes de sorties. La Terre, nous y sommes arrivés, un hasard. Une seule pour rentrer. Retrouver ce monde que nous avons tant rêvé à travers nos œuvres.

Il doit ainsi exister dans l’univers de nombreux îlots de gens de chez nous, perdus. Des planètes inconnues. Des chemins d’exils et tant d’autres passages de fortunes.

J’irais bien refaire un tour.

Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est pourquoi j’ai oublié tout ça quand j’étais sur Terre…

Les humains doivent y être pour quelque chose dans cet oubli…

Nicolas QUENTIN
Paris, 20 Octobre 2003