juin 19 2003

Kétélassa

Puisque nous méritons tous les deux mieux
Que cette vie dont on télé jouit
Dans un climat social a deux cent lieues
D’un monde ailleurs le rêve de notre vie
Puisqu´on chevauche trois fois par semaine
La même longueur d´onde pour nourrir l´espoir
D´un lendemain où l´on gommerait la haine
Ces petits riens qui chaque jour nous séparent

Puisqu´on soumet à la fatalité
Notre avenir si beau dans nos pensées
Que de plus en plus la facilité
Serait pour nous deux de tout effacer

Je t´invite à voyager sans escale
A construire un radeau et quatre rames
Remonter la rivière tant bien que mal
Kétélassa nouah toutossaham

Puisque nous voulons la fumée sans feu
Combattre pour le mieux sans violence
Voir avec un voile devant les yeux
Continuer à vivre en enfance
Puisque pour moi l´art est devenu roi
Que toi tu rêves encore à Cendrillon
Mousquetaires ! Toi pour moi et moi pour toi
On le crie fort mais ne sort … aucun son

Puisqu´on est condamnés à répéter
A l´infini la même mélodie
Qu´on a plus rien à perdre à tout tenter
Si ce n’est tuer notre maladie

Je t´invite à voyager sans escale
Rien qu´un instant à échanger nos rames
Voir que le monde des autres n´est pas si mal
Kétélassa nouah toutossaham

Nicolas QUENTIN
Metz, 19 Juin 2003


juin 6 2002

Caravane

Assis sur une belle banquette arrière
Au milieu d’un convoi de caravanes
Il voit défiler des champs des cabanes
Et soudain des immeubles en immense barrière

Ils sont arrivés dans sa ville natale
Et veulent s’y arrêter pour une nuit
Mais ici les terrains sont prémunis
De pierres de fossés police municipale

A quinze bornes de là le camp tsigane
S’installe enfin au bord d’une rivière
Tileo prend une barque fait marche arrière
Il emmène un ami au Mc Ewan

Mais le rad qu’il aimait dans sa jeunesse
Est remplacé par un shop de vêtements
Un rideau de néons verts aveuglants
Et partout autour rien qu’il reconnaisse

Ils décident de trouver un autre bar
Mais partout des vigiles les rejettent
Ils n’ont pas une tenue pour faire la fête
Sans costume ils sont pris pour des tocards

Enfin pour conclure l’apothéose
Une voiture blanche avec des gyrophares
Les embarque pour la nuit car il est tard
La SECURITE est une psychose…

Nicolas QUENTIN
Metz, Juin 2002


mai 6 2002

La Neige

Un vierge manteau de neige
Sur le pavé de la cour 
Le fait tomber dans le piège
Que nous tend tout monde sourd

La nostalgie des moments
Les plus marquants du passé
Tileo se sent l’enfant
Que la cité a tué.

Il s’allonge sur le sol
Et se met à écouter
Le bruit des flocons qui volent
Et s’entassent à ses côtés

Il se laisse enfermer
Un sarcophage de glace
Il est le roi proclamé
D’un monde imaginé.

Soudain conscient du délire
Et de son corps engourdi
Il s’agite pour sortir
Mais ses os poussent des cris

Fin de cette scène d’épouvante
Où Tileo prend conscience
Que cette vie qu’il s’invente
N’est pas toujours pleine de sens.

Nicolas QUENTIN
Orléans, Mai 2002