mar 19 2009

Caught in the Web (mOment d’absence)

Au cours d’une réunion sur la qualité en production et les outils à mettre en place pour garantir une définition et un contrôle efficace de nos produits, nous avons réveillé des entités enfouies depuis des années au fond des abymes de mon cerveau. J’ai nommé, les matrices !

J’ai fermé les yeux cinq secondes, le temps t minimal pour tenter une recherche au coeur du cortex… Alors, comme l’escargot sort de sa coquille après la pluie, la mémoire m’est revenue et je me suis souvenu de mon amour pour ces êtres ludiques qui simplifient les calculs et la vie. Mais mon souvenir est resté aussi flou que la Tour Eiffel vue du haut de la tour Montparnasse pendant un pic de pollution. Frustré de ne plus savoir définir mathématiquement une matrice, de ne plus savoir calculer son déterminant, l’inverser, la diagonaliser (apparemment, je me souvenais de quelques mots, c’est déjà bien!), je suis retourné à mon bureau et j’ai visité les-mathematiques.net, un site spécialisé dans les Maths « difficiles ».

Je suis tombé sous le charme de la poésie d’un langage redevenu quasiment inconnu, presque mystique. Je n’ai rien compris de mes anciennes amours, mais c’était beau, ces histoires d’espaces vectoriels.

– Vous voulez voir de quoi il s’agit?
euh, c’est à dire que…
– je m’en doutais. Vous n’attendiez que ca!
mais…
– vous en faites pas, ça va me prendre 10 secondes d’aller copier-coller des extraits
je ne vais rien y comprendre!
– et alors, moi non plus!
attendez, ne… houhou? Ya quelqu’un?… houhou?…
– …
– …
– …
Ah vous voilà! Ca fait un sacré moment que j’attends !
– …
qu’y a-t-il?
– je me suis perdu!
perdu?
– oui, je voulais aller chercher la définition de la matrice. Je suis bien arrivé sur le site, mais au moment de prendre le texte avec moi, il s’est découpé en séquences et chaque morceau est passé par une fibre optique différente.
?
– je ne savais pas quelle séquence suivre! Alors j’ai voulu faire demi-tour pour copier à nouveau la définition que je voulais vous montrer, mais j’avais déjà quitté le site sur les maths! Je surfais à reculons dans un câble! Je suis devenu tout rouge. Bombardement de photons. Je me suis caché de temps en temps, mais il y a du monde qui envoie des données! Aussi j’ai parcouru cinq ou six fois le tour du monde avant de pouvoir m’arrêter. Heureusement, le hasard m’a conduit à stopper ma course ici même! Attendez-moi je vais aller voir sur les-mathématiques.net comment calculer la probabilité de ce miracle! Je…
ça joue le chalet ou bien*? Vous n’allez-tout de même pas repartir?
– et pourquoi pas! C’est inouï ce qui vient de m’arriver, je dois comprendre!
sauf que quand vous verrez la probabilité, vous comprendrez que vous serez certainement perdu à jamais.
– à moins de…
bon ça suffit. C’est moi le lecteur, c’est moi qui décide. Depuis quand c’est l’auteur qui écrit les articles!
– ok, je consigne cette histoire dans mon blog et conclue.

Ici auraient dû être copiés le texte et les images  sur les matrices… seulement voilà. Vu que j’ai tout dispersé à travers le monde, ce n’est plus possible ! Tout ce que j’avais récupéré erre encore au gré des fibres et des courants sous les océans… 

Ah les mathémamatiquetiques… A relire la poésie hermétique du langage mathématiques, j’en deviens gaga. J’ai d’ailleurs l’étrange sensation de ne pas être présent. Je… j’ouvre les yeux et ah ! Je suis devant mon pc entrain de rédiger ce cauchemar !

Quand et comment suis-je sorti de cette réunion ? Nous sommes le… dix jours que la réunion est terminée ! Une phrase retrouvée dans un petit carnet au fond d’un tiroir me revient tout à coup. Le carnet date de mes années prépa. « Sachant que ces deux années de galère me resteront sous la forme d’un bref et banal souvenir insignifiant et que tu seras tenté de croire que ce n’était pas si dur que ça, j’utilise cette feuille pour témoigner qu’à l’instant présent, je souffre! ».

Je comprends maintenant beaucoup mieux cette phrase. On dirait qu’il me reste quelques légères séquelles… les maths me font un drôle d’effet !

* expression suisse pour « Ca va la tête! »


déc 16 2008

La rencOntre du metsi

Le monde est sourd. Les skis suivent sans broncher les traces d’un décors où tout étincelle sous un soleil éblouissant. Partout autour, un cocon de neige immaculée s’étend à perte de vue; c’est aveuglant. Mais il est parfois beau de ne rien voir! Cependant il est soir et avant le noir c’est l’heure de partir. Les jambes douloureuses des heurts des heures de glisse sautent de joie à l’idée de se laisser rouler. C’est dur, sus tant d’agitation, de monter dans une auto gelée. Ca donne soif. Mais patience ce n’est pas long d’autant qu’elles s’essoufflent à force de rage. La fontaine n’est pas loin, tout va bien.

Le calme revenu après cette brève mascarade de fin de parcours, je pars pour Jougne et sa fromagerie, le réconfort d’after l’effort; sous ma salive une morbiflette se profile et exige du bon lait cru moulé à la louche. Arrivé au royaume des effluves, parcours rapide des étagères des yeux, à moins que ce ne soit l’inverse. Charcuteries, saucissons, miels, vins jaunes… halte! On a parlé de fromagerie! Du fromage de bleu! Je n’en veux pas tout un plat! 

Mais finalement, pas de panique. Un signe de la dame en blanc devant le fromage que je lui fais. Direction du bout du doigt suivi du bout du regard, et un quart d’oeil plus tard sur la droite… du comté jeune! vieux! bleu de Gex! Mont d’Or! Crèmes fraîches! MORBIER! Les gens passent et moi je reste, ébahi.

Soudain, au milieu de cette caverne aux trésors, c’est la rencontre du Metsi! Je suis aux anges… 


août 12 2008

Le dAnube bLeu

« Rovave, sa rovave ». Je ne sais pas ce que ces mots signifient, mais peu importe. La musique m’emporte et les images affluent. Le Danube Bleu m’ouvre à nouveau ses portes et je retrouve un décor oublié depuis bien longtemps. Ça a duré combien de temps au juste ? Je ne sais plus. Peut-être six mois, peut-être un an.

Nous nous y retrouvions plusieurs fois par semaine après les répétitions, et devant un Picon nous parlions avec les notes d’un violon-guitare qui faisait écho au bruit des verres. Les volutes de fumée bleue portaient nos mélodies un delà café et nos esprits au delà du réel.

Les habitués du café voyageaient avec nous, nous encourageaient sans cesse et nous incitaient à poursuivre. Déliées par le flot de sons et de cervoises, les langues racontaient çà et là des morceaux de vie. Tous finissaient par se confier aux autres, aux verres et aux murs. Chacun repartait le cœur léger, vagabondant dans ses jardins secrets, oubliant la dure réalité, le vide, les remords et les regrets d’une vie trop peu souvent maîtrisée.

Chez le Hongrois, c’était ailleurs. Un refuge hors du monde. Hors du temps.

« Amantito », l’air a changé, pas l’esprit. Ces souvenirs reviennent plus forts encore. Merci Titi d’être le gardien de ces trésors.