Je Reviens

Tout est lent – Tout est froid – Tout est mort
Plus de vent – Triste émoi – La ville dort
L’air est lourd – Je suis sourd – Vers une tour
Larve humaine – L’âme en peine – Je me traîne.

Arrivé au sommet de l’édifice
Je me retrouve sur un piédestal
A qui serait utile mon sacrifice ?
La lune cachée soudain se dévoile.

Conscient de ma lamentable erreur
J’ère à nouveau dans les rues sans vie
Faible existence d’errance et d’horreur
Qu’il me faut combattre et que je subis.

Mais la lune dominante et tranquille
Accompagne désormais ma solitude
Sa lueur réchauffe mon coeur fragile
Pâle unique couleur de ma vie rude.

Tout est lent – Plus de vent – L’air est lourd
Tout est froid – Triste émoi – Je suis sourd
Tout est mort – La ville dort – De la tour
Je reviens – Je reviens – Je reviens.

Nicolas QUENTIN
Heillecourt, 23 Février 1999

L’innOcente

Du clocher de l’église des Trois Evêchés
Une colombe surveille la ville tranquille et morte
Plus un bruit ne résonne dans l’immense bâtisse
Elle se demande ce qui se passe chez les humains.

Soudain une sirène se met à hurler
Et fait sursauter l’oiseau tant elle est forte
Un souffle d’air chaud lui parvient et sur lui glisse
Un journal envolé lui dit que c’est la fin.

Une pâle lueur de l’horizon se rapproche

L’animal s’affole et par peur se cache
Entre dans la maison de Dieu où des pantins
Prient en silence mais n’y changeront plus rien.

Nicolas QUENTIN
Heillecourt, 22 Février 1999

Le Dernier espOir

Sous la pâle et douce lueur de la lune
Qui illumine gracieusement la nuit
Mon esprit las erre dans les dunes
D’un vaste et mystérieux désert sans vie

Mon cœur bat la mesure adagio
D’un morceau de ma frêle existence
Mes yeux pleurent sur un océan de maux
Quelques larmes chaudes de délivrance

Triste décor que ce pays glacial
Qui de dehors déteint sur mon dedans
Chaque blessure faite à la terre me fait mal
Et ce depuis que je suis un enfant.

Mon rêve est de sentir la douche pluie
Pure transparence glissant sur mon corps
Mais dans la magie de mes longues nuits
Seule l’eau de mon âme en peine coule encore

Mon rêve est d’embrasser notre planète 
L’enlacer pour pouvoir la protéger
Mais comment ancrer dans toutes les têtes
Que moi tout seul je ne peux rien changer

A chaque seconde le temps qui s’envole
Emporte avec lui mes ultimes espoirs
J’espère qu’avec ces quelques paroles
Vous les entendrez dans les vents du soir.

Nicolas QUENTIN
Metz, 06 Février 1999

Ronde en ce mOnde

Du chemin gelé
Et vus de loin
Je me suis approché

Mais de derrière
Le voile trouble de vent
Mes yeux

Je ne vis que
De vent, moi
Des visages froids

A peine ma peine ressort,
Hideux mes yeux
Ces vies, sages

Regards dans 
Les cieux sombres
Et tristes

J’ouïs ;
C’est de mon malheur
Sang gris,

Masque de,
Tristesse sans rire,
Avec eux je suis parti.

Et sans ce retour
Ne ment pas
Cet état d’esprit meilleur

A ça voir
Cœur y a un
Mes larmes

Nids
Champs
Geais

Ronde en ce Monde…

Nicolas QUENTIN
Heillecourt, 27 Octobre 1998