Je m’ennuie. Je regarde par la fenêtre. Il neige aujourd’hui. Les flocons sont nombreux. Je m’assois sur l’un d’eux. Je pars pour un long voyage. Le vent me guide. Je dépasse le Mont Blanc. Je redescends vers le Léman. Mon flocon perd de la vitesse. Je chevauche un voisin. Il fonce droit devant. Nous sortons de la zone de turbulence. Un rayon de soleil nous touche. Le flocon se désintègre instantanément. Je débute une chute vertigineuse. Le sol se rapproche. Un second rayon passe près de moi. Je l’agrippe au passage. Je vole à la vitesse de la lumière. Je …
Catégorie : Mes teXtes
Ode à demAin
PASSONS… Passons sur ce désirD’avoir et de jouirEn esclaves des besoinsDe nos vices sans fin IGNORONS… Ignorons les jeunes mainsQui œuvrent pour demainLeur mort pour étancherNotre soif de consommer ADMETTONS… Admettons Big BrotherLa surveillance des mœursLa sureté et son prixLes délits tous punis TOLERONS… Tolérons quelques guerresLointaines sources prospèresCoule le sang chaud saleComme l’argent de nos balles OUBLIONS… Oublions ces horreursCes cicatrices à fleurInfligées à la TerreLes veines des transferts BUVONS… Buvons de belles bièresBrassées à l’eau de merL’Erika n’est plus làLe reste ne se voit pas MANGEONS… Mangeons les yeux fermésDe bons fruits si parfaitsRecherches de longue haleineProduction sans …
Mirage
Suivant les larmes qui observent notre univers Les couleurs les mouvements et les formes diffèrent Le commun quotidien dévoile ses dimensions Aux états d’âmes rangés au crochet des passions Evolution sous la baguette du miracle Les lents fleuves de rêves se mort-fondent se débâclent Les peines et les joies sont les mêmes rivières salées Des regards changeants sous un affect exacerbé Nicolas QUENTINParis, Juillet 2006
Le Pianiste
Le pianiste est en pleursSon amour est partiIl se meurtSon coeur est meurtri,Meurtri de cet amour impossibleDe cette solitude qui l’a conquit.Rien ne peut le rendre désirable,Il est parti dans l’oubli,Personne ne sait,Personne ne le connait plusTout le monde l’a abandonnéAlors il se met à jouer.Ses doigts charnusGlissent le long du clavierRien ne peut l’arrêter.Il souffre cet amour impossibleCet amour perdu à jamais.Ce joueur si misérablePleuraIl pleura le jour de leur rencontre.Désormais c’en est trop,Son coeur lâcha,Mais lui ne s’arrêta pas,Il continua,Son corps le brûlait, Il joua de toute son âmeCar seul elle lui restait.Autour de lui tout s’enflammeTout se met …
Le viOlontriste
Un violon anonyme au milieu de la foule Qui coule dans les tubes comme un sang coloré Fluide de visages clos dans les veines de la ville, Improvise des fausses notes comme un spectre d’espoir Pour les portées de gens déposées par les rames Sur un air cacophonique en lutte majeure, L’œuvre tempo presto qui fait vibrer Paris Que les indigènes vénèrent et les autres fuient. A mesure que les corps défilent l’air s’accélère Les aiguilles qui frappent le sol rythment la musique ; Par leur valse sans temps d’un semblant de Celtique Compressées en mêlées elles soufflent la poussière …
Egoïsme Insensé
Les petits oiseaux chantent pour faire oublier que le silence n’existe plus et Qu’un bruit de fond chatouille incessamment nos esgourdes. Alors pourquoi vouloir les faire taire ? Pourquoi les chasser ? Egoïstes… Pourquoi voulons-nous nous échapper ? Eh bien pour chercher ce silence. Ce silence si lourd que nous l’avons étouffé. Chassé comme les oiseaux, eux légers. Ah ! Egoïstes… Quel miracle fait que ça tourne encore ? J’écris pour écrire. Voyager au cœur de mots sans sens, déliés. Tout ceci N’est que pour moi. Et la plume. Qui caresse la page. Nicolas QUENTIN Vendôme, Aout 2005